Quelles évolutions du règlement après la Coupe du Monde?

            
           Chaque grande compétition amène son lot de questions concernant des faits de jeu. Ces questions en emmènent d’autres sur le règlement en vigueur et son adaptation au jeu actuel. Concernant la vidéo le débat ne date pas d’aujourd’hui et nuirait, selon la FIFA, à l’universalité du football.
        On est d’accord pour dire que l’on joue au foot pour le plaisir ou en compétition d’Amsterdam au Cap et de Tokyo à LA mais à haut niveau, les sommes investies par les fédérations, les sponsors sont telles, que se faire éliminer suite à une erreur d’arbitrage peut avoir de grosses conséquences sur les diverses retombées futures : subventions, primes, image, sponsors, foot amateur,…

Voici quelques pistes de réflexion à la suite des matchs de la coupe du monde 2010

         Il y a bien sûr la piste des cinq arbitres. Un arbitre supplémentaire derrière chaque but qui auraient pu valider par exemple le but de Franck Lampard contre l’Allemagne en 1/8ème de finale. Comment le match se serait-il alors déroulé ? Nul ne peut le dire.
L’autre 1/8ème Argentine-Mexique a posé la question du hors – jeu de Carlos Tevez qui permet à l’Argentine d’attendre alors que les mexicains sortent de leur moitié de terrain pour égaliser. L’un des deux arbitres supplémentaires placés derrière le but aurait-il été le complément idéal pour juger la position de hors jeu? Comment vont-ils se mettre d’accord avec le central et dans quel timing ?

          La vidéo reste donc une solution intéressante même si parfois elle n’est pas si efficace
(Norvège-Brésil 98¹) mais dans quelle proportion pour ne pas continuellement hacher le jeu ?
On peut se pencher sur le système Hawk-eye (Å“il de faucon) utilisé lors de tournois de tennis (dont Wimbeldon, US Open et Open d’Australie) où le joueur a la possibilité d’y avoir recours en cas de doute mais avec un maximum de 2 fois par set. On pourrait imaginer cette solution qui amènerait une petite part de spectacle sur les écrans géants des stades même s’il est vrai que l’arbitre peut voir son autorité remise en cause (même s’ils ont toujours raison, ils restent des hommes et peuvent faire des erreurs…)

        Un autre moment marquant de cette coupe du monde : la main de Suarez à la 120ème minute qui prive le Ghana d’une place dans le dernier carré. Bien sûr à Gyan de marquer le pénalty et on en parle plus aujourd’hui mais ce geste anti sportif dérange vis-à-vis du fair-play (car le geste n’était pas réflex) ! On peut se tourner vers un autre sport, le rugby qui accorde sous certaines conditions un essai de pénalité. Il me semble que dans ce cas de figure, un but de pénalité peut être justifié.

          Une question est également soulevée par les blessures. Un joueur qui subit une faute et est soigné sur le côté du terrain (bien sûr, il y a toujours ceux qui veulent gagner du temps) laisse son équipe en infériorité pendant un moment qui peut durer longtemps si il y a saignement ou blessure importante. Pourquoi ne pas faire sortir l’auteur de la faute le temps que le blessé ou son remplaçant rejoigne le terrain. On peut imaginer un remplaçant temporaire sur saignement comme au rugby (10 minutes avant que ce ne soit définitif).


         Une autre réflexion m’amène à penser au match Slovaquie-Italie du mondial où après un but le gardien prend la balle et un joueur italien, qui voulait placer la balle rapidement au centre du terrain, simule un crochet du portier qui le met à terre. On retrouve ce genre de scène sur les ballons en touche où les joueurs se disputent pour arracher le ballon et amène parfois des bagarres. Je prendrai cette fois l’exemple du handball où les joueurs (ne  discutent jamais avec l’arbitre) doivent, dès que l’arbitre montre le sens de la faute, laisser la balle sur place sous peine d’une suspension (2 minutes sur le banc). On peut imaginer une suspension d’une dizaine de minutes à la place de certaines fautes (on a déjà testé cette possibilité dans certaines ligues à la place de certaines fautes pour carton jaune). On se retrouverait en infériorité numérique pendant une partie du match, ce qui amène du suspense pour les spectateurs, réduirait peut-être les incivilités et amènerait un plus tactique.


         Enfin pour se rapprocher d’un autre sport, le basket, pourquoi ne pas instaurer un temps mort d’une ou deux minutes par match (à prendre ou non par le coach de chaque équipe) pour recadrer, redynamiser, encourager, calmer son équipe. Pause détente au centre du terrain avec pompomgirls, show… On tente déjà l’expérience dans la catégorie U11 en Alsace (résultats de l’analyse fin juin 2010). Pourquoi ne pas transposer au monde professionnel ?

         Emprunter à d’autres sports certaines règles pourrait permettre d’évoluer en dynamisant encore le spectacle, réduisant les incivilités et accroitre encore le nombre de pratiquants et de spectateurs. Il est cependant vrai que mettre en place de telles mesures peut se faire sans trop de problèmes dans les championnats majeurs avec des stades aux normes et à la pointe de la technologie mais les mêmes règles le dimanche matin en dernière division de district avec un arbitre bénévole au milieu d’un quartier difficile…. On touche alors à l’universalité du football…..

                                                                                                                                      Arnaud Schartz


¹Lors de la dernière journée de phase de poule lors de France 98, la Norvège bat le Brésil par 2 à 1 avec un pénalty jugé inexistant. L’arbitre est très critiqué, on réclame déjà l’arbitrage vidéo mais finalement quelques jours plus tard, une caméra de TV Suédoise montre avec un bon angle de vue le tirage de maillot.