Les difficultés du football camerounais (2)

L’absence de formation.
         Les formations proposées aux entraineurs sont peu nombreuses et parfois très coûteuses au vue des moyens financiers de chacun.
Le football des jeunes est laissé pour compte. Les provinces demandent parfois des frais élevés aux clubs pour participer à un championnat qui est subitement écourté ou qui ne durent que deux ou trois mois (une amélioration est à noter sur ce point). Se greffe également le problème des tricheries sur l’âge des joueurs qui faussent de nombreux matchs. (NB : un championnat des jeunes est évoqué par la Fédération)
Dans ce contexte, les initiatives privées sont souvent à la base du développement du football des jeunes. Des structures plus ou moins sérieuses se mettent en place, organisent entre elles des matchs amicaux, voire des petits tournois.
Mais la majorité des joueurs n’ont pour formation que les matchs qu’ils jouent entre eux.

Le gâchis sportif
            Le Cameroun regorge de joueurs de talent qui n’ont pas les moyens de s’exprimer. Beaucoup de joueurs et d’entraîneurs vivotent du football au Cameroun. Les revenus sont très faibles et très incertains.
Rapidement après la fin du championnat, les clubs lancent des campagnes de recrutement qui peuvent durer deux mois. Les joueurs vont alors chercher à être recruté dans le meilleur club possible. Tous les jours ont lieu des entrainements visant à réduire le groupe de joueurs. Les choix ne sont pas toujours effectués en fonction du talent, mais parfois selon les recommandations faites un dirigeant ou la famille, selon l’ethnie auquel il appartient ou en demandant une contrepartie financière au sportif. Les joueurs remerciés vont alors tenter leur chance ailleurs. Si bien que de nouveaux candidats se présentent sans cesse. Les staffs doivent alors gérer un trop grand nombre de joueurs.
En début de championnat, les effectifs de chaque équipe sont souvent pléthoriques (près de 30 joueurs). Pourtant il semblerait plus intéressant de les réduire pour mieux travailler à l’entraînement.
Les entraîneurs disposent de peu de matériel, ce qui explique la part importante du travail physique dans toutes les séances. La construction d’une équipe avec une progression planifiée est difficile car, comme nous l’avons vu précédemment, la date de démarrage du championnat et les journées de compétition ne sont pas toujours connues à l’avance.
Dans ce contexte, les joueurs camerounais sont exemplaires. Ils sont extrêmement motivés, durs au mal car les conditions sont très difficiles. Pour beaucoup d’entre eux le football représente un espoir de réussite. S’ils pouvaient être correctement formés durant leurs jeunes années, certains auraient davantage de chance d’y arriver. La marge de progression est énorme.

Certaines mesures pourraient améliorer sensiblement la situation du football camerounais.

Pour les clubs :
- lancer une stratégie de recherche de sponsoring en sollicitant avec tenacité les entreprises locales. Cela demande de posséder une adresse officielle et un compte bancaire.
- réduire les effectifs pour mieux traiter, aussi bien financièrement que dans les relations, les joueurs conservés.
- ne pas changer l’effectif chaque année et s’appuyer sur une équipe de jeunes.
- recruter les meilleurs joueurs « sur le terrain ».

Pour la Fédération :
- établir des calendriers fiables au niveau national, mais surtout local dans les provinces.
- utiliser une partie des revenus du sponsoring dans la formation des entraineurs en recrutant un directeur technique national (en cours ?) chargé de la formation des entraineurs (priorité), de regrouper régulièrement les meilleurs joueurs locaux et d’organiser des championnats de jeunes.
- mettre en place dans chaque province des championnats locaux rigoureux pour les équipes de jeunes (ou sous forme de tournois ponctuels : certaines initiatives semblent prometteuses comme le tournoi de Limbé qu’il faudrait désormais généraliser.).
- obliger les clubs de l’élite à former une équipe « juniors », « voire cadettes » avec un championnat régional.

                   Le bilan de la situation est bien sombre et les questions restent nombreuses.
Comment une nation sportive majeure du football africain, ayant participé à de nombreuses éditions de phase finale de Coupe du Monde a pu si peu se développer ? A qui iront les recettes financières engendrées par l’équipe nationale lors de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud ?
Le football camerounais a une marge de progression importante.
                                                                                                                     Atangana J. et Mbarga P.

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